Élément clé 5 : Miser sur des stratégies et des interventions multiples

L’approche axée sur la santé de la population intègre des interventions et des stratégies multiples qui recoupent tous les aspects de la santé.

Que sont les interventions et les stratégies multiples ?

L’approche axée sur la santé de la population suppose des interventions et des stratégies multiples et complémentaires à différents niveaux. À l’heure actuelle, les ressources et l’attention vont surtout aux interventions individualisées du système de soins de la santé qui visent essentiellement à guérir les patients. Par l’approche axée sur la santé de la population, on ne veut pas seulement atteindre l’individu, mais aussi sa famille, sa communauté et la société en générale.

Les stratégies sont des approches à vaste portées, souvent associées à des agents du changement et à des contextes précis. Parmi les exemples des stratégies figurent :

  • l’élaboration et la coordination des politiques;
  • la réglementation;
  • la recherche;
  • l’action communautaire;
  • le renforcement de la capacité;
  • les partenariats;
  • l’éducation et la sensibilisation du public;
  • les examens organisationnels et administratifs.

Pour être efficace, une action doit s’inscrire dans un ensemble d’interventions et produire des résultats.

Ressources qui permettent de mieux comprendre :

Quels principaux types d’interventions et des stratégies peuvent être envisagés quand on élabore une stratégie de promotion de la santé ?

Questions principales

  • Quelles interventions et stratégies mettra-t-on en œuvre ?
  • Quels types de ressources et de soutiens sont nécessaires ?

A) QUELLES INTERVENTIONS ET STRATÉGIES METTRA-T-ON EN ŒUVRE ?

Un ensemble réussi d’interventions et de stratégies permet :

  1. d’apporter des changements progressifs et intégraux;
  2. d’influencer les déterminants généraux de la santé de différentes manières complémentaires;
  3. d’atténuer les inégalités;
  4. d’englober tout un éventail d’actions liées à la santé;
  5. d’intégrer tous les résultats liés à la santé;
  6. de gérer l’ensemble du cycle de la vie;
  7. d’être efficace dans de nombreux contextes, comme au foyer, à l’école, au travail et dans la communauté.

Apporter des changements progressifs et intégraux

Une « approche progressive » suppose un processus graduel qui ne s’attaque qu’à un ou quelques déterminants de la santé à la base. Une « approche intégrale » suppose qu’on agit sur de nombreux déterminants de la santé. Pour décider quelle approche favoriser avec l’ensemble des interventions, il faut répondre à la question : « Quelle devrait être l’ampleur de notre intervention ? »

Influencer les déterminants généraux de la santé de différentes manières complémentaires

Comme les déterminants de la santé interagissent les uns avec les autres et s’influencent, les interventions qui mettent l’accent sur un déterminant seulement risquent d’être moins efficaces. L’approche axée sur la santé de la population reconnaît l’interaction entre les déterminants, c’est pourquoi elle vise les déterminants que l’on attribue, depuis toujours, à la volonté de la personne (comme les habitudes de la santé personnelles) et ceux qui relèvent beaucoup moins de la personne ou de son milieu immédiat (comme son revenu ou ses conditions de travail).

Atténuer les inégalités

L’équité, soit le droit égal de chacun d’avoir une bonne santé et de la préserver, est un principe sous-jacent de l’approche axée sur la santé de la population. Cette approche vise des résultats plus équitables en matière de la santé entre les populations et au sein même d’une population tout en respectant leurs différences en termes des besoins, des caractéristiques et des ressources sanitaires. En général, on arrive à cette grande équité par des actions et des politiques qui créent des milieux sociaux et économiques qui font place à des normes plus élevées de la santé de la population dans son ensemble.

Englober tout un éventail d’actions liées à la santé

L’approche axée sur la santé de la population touche l’ensemble des actions pour la santé : les soins de la santé, la prévention, la protection, la promotion de la santé et les mesures visant les déterminants plus vastes de la santé. Ces actions sont liées, complémentaires et même, parfois, se chevauchent.

Intégrer tous les résultats liés à la santé

Parce que de nombreux problèmes de la santé sont liés par des facteurs de risque et de la protection communs, les actions à leur endroit peuvent être intégrées. Cela ouvre la voie à des interventions polyvalentes aux bénéfices multiples. On sait, par exemple, que le diabète, les maladies cardiovasculaires et le cancer présentent de nombreux facteurs de risque et de la protection communs. C’est pourquoi des efforts concertés pour faire face à ces facteurs communs peuvent protéger la population contre ces trois maladies et sont probablement plus efficaces que des programmes non coordonnés de la prévention axés sur une maladie précise.

Gérer l’ensemble du cycle de la vie

Les expériences et les événements de la vie, comme le passage de l’enfance à l’adolescence, le changement d’emploi, le mariage, la naissance d’un enfant, le départ à la retraite ou le deuil, peuvent influencer la santé et le bien-être. Il est donc important d’encourager les interventions qui aident à soutenir la santé en ces périodes de transition. L’approche axée sur la santé de la population met l’accent sur la collectivité plutôt que sur la personne, mais elle reconnaît que les événements et les transitions du cycle vital sont influencés par le statut social, les considérations économiques, le sexe, le soutien communautaire et d’autres déterminants de la santé.

Être efficace dans des nombreux contextes, comme au foyer, à l’école, au travail et dans la communauté

L’approche axée sur la santé de la population tient compte des milieux et de la contribution que ceux-ci peuvent faire. On peut élaborer des programmes et des politiques partout où les gens vivent, apprennent, travaillent et jouent pour créer des milieux physiques et sociaux qui favorisent la santé au quotidien. Par exemple, mentionnons la promotion d’une loi pour un milieu de travail sécuritaire et positif, l’amélioration de la conception des écoles et de leur fonctionnement pour procurer une meilleure santé aux élèves et aux enseignants, le soutien aux initiatives pour des villes saines par une gestion et une planification urbaines saines, une meilleure sensibilisation du public au caractère sécuritaire de l’environnement bâti, et une réglementation visant à protéger l’environnement naturel.

B) QUELS TYPES DE RESSOURCES ET DE SOUTIENS SONT NÉCESSAIRES ?

Les interventions exigent un éventail des compétences et des ressources, notamment :

  • des ressources financières;
  • une aide technique;
  • une capacité d’organisation;
  • des compétences en gestion;
  • des ressources en éducation;
  • des ressources en communications;
  • un leader et un agent de promotion;
  • un soutien politique.

Comment choisit-on et met-on en œuvre les stratégies multiples ?

Choisir une liste des stratégies et d’interventions

En tenant compte des critères de décision généraux établis à l’élément 1 et les sept considérations précises indiquées ci-dessus, il faut cerner les ensembles d’interventions qui seront les plus efficaces.

Établir un mécanisme de coordination pour guider les interventions

Un mécanisme de coordination aux structures et aux procédures soigneusement étudiées devrait guider l’élaboration et la mise en œuvre des interventions multiples.

Pour être efficaces, ces mécanismes de coordination doivent être soutenus par :

  • a. la capacité, c.-à-d. des personnes ayant les connaissances et l’expertise pertinentes, elles-mêmes épaulées par un personnel de soutien compétent;
  • b. le bras politique, c.-à-d. les chefs politiques et communautaires;
  • c. une bonne marge de manœuvre, c.-à-d. le pouvoir de prendre des décisions sur les choses à faire;
  • d. de sains principes de gestion;
  • e. une responsabilité à l’endroit des fonctions principales, comme le financement, l’aide technique, l’organisation, la gestion, l’éducation, les communications, la direction et la promotion.

Données probantes qui éclairent la prise de la décision :

Quelles sources de données peuvent éclairer les décisions sur l’ensemble idéal d’interventions et des stratégies qui permettra d’avoir un effet sur un problème de la santé précis ?

Ressources qui contribuent à rehausser la capacité :

Quels cadres ou guides décisionnels peuvent éclairer les décisions sur les ensembles d’interventions et des stratégies qui permettront d’avoir le meilleur effet sur un problème de la santé précis ?

Qu’a-t-on en main à la fin de l’élément clé 5 ?

  1. Une liste finale des interventions et des stratégies.
  2. Une meilleure compréhension des besoins en ressources, y compris un budget.

Comment cet élément clé est-il lié aux autres éléments ?

  • Il utilise les données recueillies sur l’état de la santé et les déterminants de la santé (éléments clés 1 et 2).
  • Il permet de classer par ordre de priorité les interventions choisies (éléments clés 3.5 et 4).
  • Il cerne où la participation d’autres secteurs et les partenariats sont nécessaires (élément clé 6).

Pourquoi cet élément clé est-il important ?

  • Il permet de prendre des interventions différentes en apparence et de les utiliser stratégiquement pour atteindre un but commun.
  • Il permet de mieux tenir compte de facteurs comme le temps, les autres partenaires et les autres stratégies.

Exemples de mise en œuvre :

Y a-t-il des exemples d’efforts qui intègrent des interventions et des stratégies multiples pour s’attaquer à un problème de la santé précis ?